alone in the Dead

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26 janvier 2006

Staying alive

Le 15/01/2006…

 

Le reveil sonne, il est 14h30. Les informations qui me sortent du sommeil sont les mêmes que celles que j’avais entendu avant de me coucher. J’avais dormi comme une masse et j’étais un peu dans le pâté.

 

Aujourd’hui, il ne fallait pas que je flanche. Will comptait sur moi, et il fallait bien avouer que de nous deux, j’étais sûrement le plus débrouillard, mais bon, c’était aussi le boulot qui voulait ça. Will n’avait pas le permis de conduire et il possédait un sens de l’orientation quasi nul. Mais je savais que je pouvais compter sur lui et cela comblait énormément de défauts.

 

Je déjeunais copieusement devant un DVD parce que la Télévision ne montrait qu’une suite d’informations déjà diffusées, concernant l’apparition de l’épais brouillard qui avait plus ou moins fini par remplacer la pluie qui nous assaillaient depuis quelques jours.

 

Bah, je contemplais mon appartement, et repensait mentalement aux préparatifs de notre expédition. C’est bizarre de se préparer pour une aventure qui peut être mortelle, dire que des soldats vivaient ce stress tous les jours. En tout les cas, nous avions guère le choix. C’était la seule solution pour avoir des nouvelles de notre famille en direct.

 

Je vérifiais les vivres que j’avais prévu pour le voyage, des trucs à manger périssables me permettant de vider mon frigo mais également des barres de céréales. Je laissais les deux tonfas à portée de main, et je contrôlais mon arme de service. Un Sig-sauer 9mm avec ses deux chargeurs de chacun 16 cartouches. Je m’habillais tranquillement comme un homme qui se prépare à affronter son destin ou encore comme un condamné à mort. J’enfilai des vêtements plutôt pratiques (en gros ma tenue BAC avec tout ce qui va bien et par dessus un blouson civil). Je prévoyais des vêtements de rechange pour le cas où.

 

Je n’arrivais pas à réaliser, et pourtant dieu sait ce que l’on peut voir de bizarre et d’horrible dans le métro parisien. Nous allions en territoire connu certes, mais coupé de toutes informations depuis des jours entier. Il ne fallait pas que je sombre dans ces pensées là sinon la terreur allait fondre sur moi comme le rapace fond sur la proie qu’il chassait. Et puis il fallait que je prenne les rennes de l’expédition.

 

(,,,)

 

J’avais eu des difficultés à passer les barrages organisés de manière éparses dans Paris mais grâce à ma BREM, à ma tenue et à l’usage d’un peu de bagout, je réussis tout de même à me rendre chez Will sans encombre. La situation commençait vraiment à dégénérer. J’avais croisé tout un tas d’âmes en peine sur la route et j’avais assisté à deux-trois exécutions par les forces armées. Peu de voitures circulaient et je pense que si je n’avais pas été flic, je n’aurais jamais pu passer outre les « barricades » improvisées tout au long du chemin.

 

J’étais arrivé avec pas mal d’avance chez Will. C’était l’effervescence chez lui. Bah, je m'efforçais de paraître aussi détendu que possible. Il m'offrait un café pendant qu'il faisait ses derniers préparatifs et « au revoir » déchirants à sa fiancée et à son chat.

 

Je fus tout de même obligé de presser le déroulement de son drame, tourné sans ficelles. D'une part je n'aime pas m'éterniser dans des adieux larmoyants et inutiles (il le sait) et en plus il fallait que l'on ne tarde pas. Après tout, on ne savait ce que l'on allait affronter pendant notre road movie improvisé.

 

(,,,)

 

Sur la route, je fus obligé de lui remonter le moral, avant qu'il craque. Je n'étais guère plus fier que lui mais il ne fallait pas que je lui montre un tantinet de manque de confiance pour pouvoir le rassurer.

 

- « Boah allez, t'en fait pas, vieux. Tu la reverra, ta petiote. Elle risque rien, c'est toi même qui me l'a dit. Pas vrai ?

-Si…mais ça fait mal…

-T'inquiètes pas Will. T'inquiètes pas, vieux. Ca va aller. Et c'est moi qui te le dit. Je t'ai souvent raconté des conneries ?

- non...
 

-Bah alors tu voit bien ! Tu te rend malade pour rien ! »...

 

Ah la la, ce cher vieux pote Will, il déprimait toujours très facilement, parce qu'il pleuvait ou qu'il n'avait pas été réveillé du bon pied. Mais bon, nous avions en commun tellement de soirée passée à parler de films ou de romans que bon. Et puis je le connaissais que trop bien, il fallait qu'il se sorte les doigts. Je me suis quand même retenu de rire quand il a pris son Katana. C'était tout lui ça. Croire que cet objet d'apparat ferait quelque chose de bon. Bah, il verrait bien. Tout ce que j'espère c'est qu'il ne s'en rende pas compte à un moment critique.

 

Le paysage yvelinois puis essonnien défilait. J'avais choisi d'emprunter l'A86 depuis Versailles qui n'était désormais qu'un grand désert, vide de tout occupant, en proie aux quelques charognard humain qui se déplaçaient toujours plus lentement les uns que les autres. J'étais ensuite passé par la N10, puis l'A10.

 

Le péage de Saint Arnoux était lui aussi désert.

 

Tout au long de notre pérégrination, je montais le volume de la musique. C'est con mais ça rassure. Will n'était d'ailleurs pas trop mécontent. Cela nous masquait l'horrible réalité. Tout le long de la route depuis notre départ de Houilles jusqu'à maintenant que nous nous approchons d'Orléans, c'était le même constat affligeant: les morts étaient partout, grouillant, rampant comme autant de cafard dans un immeuble insalubre. Ils étaient le long des routes, grignotant, guettant. A plusieurs reprise j'avais dû freiner, dévier, accélérer parce qu'ils guettaient la moindre de nos erreurs. Will était maussade, plongé dans ses pensées. Il ne parlait pas, tout au plus il faisait quelques commentaires de ça et là. « t'as vu celui là, qu'est ce qu'il tient? »...

 

Mais l'autoroute A71, avait l'avantage d'être assez récente donc peu de morts avaient pu s'introduire dessus. Nous avions moins l'impression d'être une boite de sardine roulante dans un monde de consommateurs de sardines. Will fit un petit somme. Il dormit au moins une heure, nous étions arrivés sur l'A20, synonyme de proximité de Limoges, notre ville natale et fin de notre voyage.

 

J'étais perdu dans mes pensées, Will Dormait d'un sommeil agité...

je vis tout d'abord la lumière chancelante au détour d'une bosse puis je vis les véhicules en feu, tellement nombreux que je ne pouvais tous les compter. Je m'arrêta brusquement. Will s'éveilla, pour me voir pester et sortir de la bagnole.

 

« putain de merde!!!... » dis je en gueulant devant l'assemblage contre nature de mécanique. « C'est bien ce qu'il nous fallait bordel!!! »...

« heu... Steph... » dis Will tout doucement...

« QUOI!!! » dis je énervé en me retournant vers Will… « Oh merde... »

 

Je ne les avais pas vu tellement que j'étais obnubilé par le feu des bagnoles qui se trouvaient devant moi. Ils étaient des centaines, peut être plus que ça. Certains étaient en partie dévorés, d'autres brûlaient en gémissant. La plupart d'entre eux devaient être des gens plus ou moins impliqués dans l'accident en cascade dont le résultat se trouvait devant ma bagnole. La légion des damnés, l’armée des morts se trouvait devant nous prête à nous faire rejoindre ses effectifs dociles.

 

« Putain !! », je me jetais littéralement dans la voiture. Je fermais la porte alors que je voyais pointer des mains atrophiées sur la vitre arrière de mon véhicule. J’embrayais à toute vitesse et passais la marche arrière.

« Will, putain… Mais ta ceinture… »

« Que… » Sa question fut interrompue pas le ronflement du moteur, et les premiers choc contre la carrosserie. Puis ce fut les secousses synonymes d’écrasement. L’armée des ténèbres était en marche pour accomplir son funeste destin, et triompher de l’humanité.

 

Will était en proie à une légère panique. « Putain, on va crever… Ils vont tous nous bouffer… » et moi je lui répondais, énervé « ouais peut être mais je te jure que je vais faire disparaître de la surface de la planète un max de ces enculés… Je partirais pas tout seul ! »

 

J’arrivais avec peine à garder le contrôle du véhicule. Ca paraissait si facile dans les films, ça se voyait qu’ils n’avaient jamais essayé avec une clio basique. Tant bien que mal je réussis à remonter en marche arrière jusqu’à la sortie d’autoroute que l’on avait croisé un peu plus haut sur notre chemin. J’avais semé la plus grosse partie des cadavres sur la route, et j’avais même eu le temps de faire demi-tour. Je n’avais pas perdu de temps, j’étais en sens inverse de l’autoroute pas loin de 150km/h. J’avais cependant beaucoup de mal à contrôler ma vitesse, à cause de l’adrénaline qui avait inondé mon corps pendant les minutes précédentes. J’empruntai la sortie d’autoroute par la voie d’accélération.

 

Will me taraudait « Putain ralenti, tu vas nous tuer… »

 

J’aurais du l’écouter.

 

Si j’étais arrivé moins vite j’aurais vu le camion qui nous barrait le chemin parce qu’il s’était payé une partie des arbres se trouvant en bordure de la route de l’aire de repos. En proie à la panique, j’ai braqué d’un coup sec en pressant le frein à main. La voiture à percuté de côté le camion, et s’est dirigée droit sur un autre véhicule à l’arrêt sur une des places de parking qui longeait la route.

 

Dans le brouillard de l’inconscience, je voyais Will, l’arcade droite éclatée qui pissait le sang, il ne bougeait plus, et moi je commençais à le rejoindre, lentement, tandis que les lumières automatique de l’aire de repos se troublaient jusqu’à en disparaître.

 

Jusqu’au néant.

 

Je ne sentais plus rien. Je…

le chapitre precedent.

Posté par paul muabdib à 12:14 - journal de bord II - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

bon, y'a pas foule...
Des impressions? des idees? des inquietudes?
manifestez vous...
surtout si vous voulez que l'on continue...
Paulo

Posté par paul muab'dib, 28 janvier 2006 à 20:05

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